PHILOPARTAGE

la joie de penser… (pour mes élèves des Eaux Claires)

Liberté et (dés) Obéissance ?

Classé dans : Non classé — 6 janvier, 2022 @ 2:31

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Les documents de travail solo et groupe – toujours au même endroit( page -Doc Term G)

Camus « Je me révolte donc nous sommes »

Conscience du temps, du corps (dedans/dehors)

Classé dans : Non classé — 25 novembre, 2021 @ 2:02

F.Veyrunes

Lien ci dessous – extraits du travail du chorégraphe François Veyrunes, afin de réfléchir ensemble à la notion de « durée » qualitative (H. Bergson), au temps subjectif sécrété par la conscience lorsqu’elle oublie le temps comptable (quantitatif). Et plus encore (en cours – sur la conscience corporelle, le processus créatif, la relation au dehors social, le « moi profond » et le « moi de surface » / Bergson, La « chair du monde » /Merleau Ponty, l’esthétique / Kant etc)

https://www.4749veyrunes.com/home/dedans-dehors-fb/

 

Art, Nature, Sensibilité etc.

Classé dans : Non classé — 17 octobre, 2021 @ 11:30

Le moine au bord de la mer. C.D. Friedrich

Un très beau documentaire sur le peintre romantique Caspar David Friedrich

à voir ou revoir (pour « nourrir son âme » !). des éléments essentiels sont donnés là pour comprendre

le travail des peintres, et de nombreuses notions philosophiques sont rencontrées pour réfléchir à l’art, mais

aussi à la sensibilité, la conscience, la relation à la nature etc.

https://www.arte.tv/fr/videos/097588-000-A/caspar-david-friedrich-le-voyageur-des-pays-interieurs/

 

 

Bouveresse : Le sens de la philosophie ?

Classé dans : Textes — 14 septembre, 2021 @ 6:55

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                                                                                        Photo de Sabine Weiss

Il y a deux manières antithétiques de concevoir la philosophie. On peut la voir comme une activité de construction théorique qui, nécessairement, se situe plus ou moins dans le prolongement de la science et ne se distingue de celle-ci que par une généralité et une abstraction plus grandes, ou bien comme une activité ou un exercice qu’on entreprend d’abord sur soi-même, qui porte sur la façon dont on voit le monde et sur ce qu’on en attend, un travail d’analyse et de réforme de soi, qu’on peut éventuellement aider les autres à entreprendre sur eux-mêmes mais que chacun doit entreprendre pour soi.

J. Bouveresse, 20°s, Le philosophe et le réel.

L’enfance et le questionnement existentiel. Ou la métaphysique et la philosophie chez l’enfant :

https://www.lesauterhin.eu/peter-handke-chanson-de-lenfance-dans-les-ailes-du-desir/

La Philosophie est-elle une science comme les autres ? Kant

Classé dans : Kant — 6 septembre, 2021 @ 6:45

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                                                                                        Rothko, sans titre.

Le domaine de la philosophie se ramène aux questions suivantes : 1. Que puis-je savoir ? 2. Que dois-je faire ? 3. Que m’est-il permis d’espérer ? 4. Qu’est-ce que l’homme ?

A la première question répond la métaphysique, à la seconde la morale, à la troisième la religion, à la quatrième l’anthropologie. Mais, au fond, on pourrait tout ramener à l’anthropologie, puisque les trois premières questions se rapportent à la dernière.

Car sans connaissances on ne deviendra jamais philosophe, mais jamais non plus les connaissances ne suffiront à faire un philosophe, si ne vient s’y ajouter une harmonisation convenable de tous les savoirs et de toutes les habilités jointes à l’intelligence de leur accord avec les buts les plus élevés de la raison humaine.

De façon générale, nul ne peut se nommer philosophe s’il ne peut philosopher. Mais on n’apprend à philosopher que par l’exercice et par l’usage qu’on fait soi-même de sa propre raison.

Comment la philosophie se pourrait-elle, même à proprement parler, apprendre ? En philosophie, chaque penseur bâtit son œuvre pour ainsi dire sur les ruines d’une autre ; mais jamais aucune n’est parvenue à devenir inébranlable dans toutes ses parties. De là vient qu’on ne peut apprendre à fond la philosophie, puisqu’elle n’existe pas encore. Mais à supposer même qu’il en existât une effectivement, nul de ceux qui l’apprendraient, ne pourrait se dire philosophe, car la connaissance qu’il en aurait demeurerait subjectivement historique.

Il en va autrement en mathématiques. Cette science peut, dans une certaine mesure, être apprise ; car ici, les preuves sont tellement évidentes que chacun peut en être convaincu ; et en outre, en raison de son évidence, elle peut être retenue comme une doctrine certaine et stable.

Celui qui veut apprendre à philosopher doit, au contraire, considérer tous les systèmes de philosophie uniquement comme une histoire de l’usage de la raison et comme des objets d’exercice de son talent philosophique.

Car la science n’a de réelle valeur intrinsèque que comme instrument de sagesse. Mais à ce titre, elle lui est à ce point indispensable qu’on pourrait dire que la sagesse sans la science n’est que l’esquisse d’une perfection à laquelle nous n’atteindrons jamais.

Celui qui hait la science mais qui aime d’autant plus la sagesse s’appelle un misologue. La misologie* naît ordinairement d’un manque de connaissance scientifique à laquelle se mêle une certaine sorte de vanité. Il arrive cependant parfois que certains tombent dans l’erreur de la misologie, qui ont commencé par pratiquer la science avec beaucoup d’ardeur et de succès mais qui n’ont finalement trouvé dans leur savoir aucun contentement.

La philosophie est l’unique science qui sache nous procurer cette satisfaction intime, car elle referme, pour ainsi dire, le cercle scientifique et procure enfin aux sciences ordre et organisation.

                               Kant, Logique,1800, éd. Vrin 1966, pp. 25-26

* misologie (de miso et logos) = haine du logos, haine de la raison et de l’intelligence.

 

objetDiscussion

 

Le « pourquoi » n’est-il pas la marque de l’humain ?

Classé dans : Non classé — 2 septembre, 2021 @ 7:01

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Efforcez-vous d’aimer vos questions elles-mêmes, chacune comme une pièce qui vous serait fermée, comme un livre écrit dans une langue étrangère…Ne cherchez pas pour le moment des réponses qui ne peuvent vous être apportées, parce que vous ne sauriez pas les mettre en pratique, les vivre. Ne vivez pour l’instant que vos questions, peut-être simplement en les vivant, finirez-vous par entrer sensiblement, un jour, dans les réponses…Confiez-vous à ce qui vient.      Rainer-Maria Rilke,  Lettres à un jeune poète.

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“Nous partons de cette fatalité que les chemins de la pensée débouchent inévitablement sur l’interrogation immémoriale : au nom de quoi peut-on vivre ? C’est-à-dire, pourquoi vivre ? Oui, pourquoi ? Il n’est au pouvoir d’aucune société de congédier le “pourquoi ?”, d’abolir cette marque de l’humain. Et pourtant…L’effondrement du questionnement, en cet Occident trop sûr de lui-même, est aussi impressionnant que ses victoires scientifiques et techniques. La peur de penser en dehors des consignes a fait de la liberté, si chèrement conquise, une prison du discours sur l’homme, et la société un langage de plomb. Que se passe-t-il ? (…) Il ne suffit pas de produire la chair humaine pour qu’elle vive, il faut à l’homme une raison de vivre. (…) ”  Pierre Legendre, La fabrique de l’homme occidental, 1992

Dans cette question du « pourquoi » vivons nous et « pour quoi », c’est la recherche de notre raison d’être qui se joue. Cette question peut cheminer en chacun.

Et dans un premier temps la réponse n’est pas le but immédiat, car  le cheminement que provoque la question vaut en soi.  A chacun, donc, de l’expérimenter pour s’en convaincre…

A écouter – Science et mathématique

Classé dans : Non classé — 8 mai, 2021 @ 4:58

https://www.franceculture.fr/emissions/la-conversation-scientifique/la-mathematique-et-ses-vertiges-1

A écouter pour réfléchir :  la connaissance (du réel), l’abstraction, la raison et la modélisation mathématique.

 

Continuité pédagogique Terminales

Classé dans : Non classé — 8 avril, 2021 @ 12:59

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Les documents de travail (de type cahier d’exercice) dont nous nous servons pour les classes virtuelles

et qui vous servent pour analyser, distinguer, argumenter (avec des textes) sont déposés dans les « pages » en haut à droite.

Je vous invite à consulter aussi les textes sur le travail et la technique (cf les « catégories » à droite au milieu sur la page – rappel rester en mode « bureau » et pas en mode « mobile » pour un accés plus facile, même sur le téléphone)

http://philopartage.unblog.fr/category/le-travail/

Et venez aux RDV sur la plateforme du CNED !!! (je fais l’appel !!)

La Caverne de PLATON

Classé dans : Non classé — 4 janvier, 2021 @ 2:18

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Un texte d’actualité pour réfléchir à l’ignorance, l’illusion, la connaissance, la vérité et aux représentations du monde et du réel.

Avec une série de questions pour vous aider à réfléchir à ce texte « monument » de la philosophie..

Lire ci-dessous le texte de Platon. (Souligner les idées clés dès la 3ième lecture.) Puis essayez de dessiner le schéma de cette caverne si vous y arrivez.

Une fois que vous aurez compris le texte n’hésitez pas à voir le film Matrix (n° 1) qui fait plusieurs allusions à ce texte de Platon (cf la rubrique cinéma-philo sur le blog)

Questions de réflexion :
1/ Quelles sont aujourd’hui les parois de nos cavernes contemporaines ? Expliquez, argumentez, illustrez (au moins
3 exemples expliqués)
2/ Quelles sont les « ombres » actuelles sur les parois de nos cavernes :  expliquez et donnez au moins 2 exemples.
Et à quelles concepts philosophiques vus en cours (ou dans le manuel) pouvez-vous associer les « ombres »?
3/ Dans le monde actuel pensez-vous qu’il soit possible de sortir de la caverne et si oui comment s’y prendre ?
Si non : justifiez le, expliquez le.
4/ Comment comprenez-vous la peur et l’agressivité des prisonniers lorsque l’on essaie de les libérer ?
5/ Pour un sujet de dissertation tel que « Peut-on désirer l’ignorance ? » comment pourriez vous utiliser ce texte ? Ecrivez
un paragraphe sur une des thèses-réponses possibles, en vous appuyant sur le texte.
6/ Essayez de distinguer la réalité comme construction sociale et le réel tel qu’il est rencontré par celui qui sort de la
caverne.
7/ Distinguez la réalité sensible et la réalité intelligible et montrez en vous appuyant sur le texte les étapes qui
permettent de passer de la sensation immédiate à une idée précise (ou essence)

***
Extrait de Platon, La République, Livre 7 texte dit de « L’allégorie de la caverne »
Socrate
— [514] Représente-toi de la façon que voici l’état de notre nature relativement à l’instruction et à l’ignorance. Figure-toi des hommes dans une demeure souterraine, en forme de caverne, ayant sur toute sa largeur une entrée ouverte à la lumière. Ces hommes sont là depuis leur enfance, les jambes et le cou enchaînés, de sorte qu’ils ne peuvent bouger ni voir ailleurs que devant eux, la chaîne les empêchant de tourner la tête. La lumière leur vient d’un feu allumé sur une hauteur, au loin derrière eux. Entre le feu et les prisonniers passe une route élevée. Imagine que le long de cette route est construit un petit mur, pareil aux cloisons que les montreurs de marionnettes dressent devant eux, et au-dessus desquelles ils font voir leurs merveilles.

Glaucon
— Je vois cela.

Socrate
— Figure-toi maintenant le long de ce petit mur des hommes portant des objets de toute sorte, qui dépassent le mur, et des statuettes d’hommes et d’animaux, en pierre, en bois et en toute espèce de matière. Naturellement, parmi ces porteurs, les uns parlent et les autres se taisent.

Glaucon
— Voilà, un étrange tableau et d’étranges prisonniers.

Socrate
— Ils nous ressemblent, répondis-je. Penses-tu que dans une telle situation ils n’aient jamais vu autre chose d’eux mêmes et de leurs voisins que les ombres projetées par le feu sur la paroi de la caverne qui leur fait face ?

Glaucon
— Comment cela se pourrait-il s’ils sont forcés de rester la tête immobile durant toute leur vie ?

Socrate
— Et pour les objets qui défilent n’en est-il pas de même ?

Glaucon
— Sans contredit.

Socrate
— Mais, dans ces conditions, s’ils pouvaient se parler les uns aux autres, ne penses-tu pas qu’ils croiraient nommer les objets réels eux-mêmes en nommant ce qu’ils voient ?

Glaucon
— Nécessairement.

Socrate
— Et s’il y avait aussi dans la prison un écho que leur renverrait la paroi qui leur fait face, chaque fois que l’un de ceux qui se trouvent derrière le mur parlerait, croiraient-ils entendre une autre voix, à ton avis, que celle de l’ombre qui passe devant eux ?

Glaucon
— Non par Zeus.

Socrate
— Assurément, de tels hommes n’attribueront de réalité qu’aux ombres des objets fabriqués.

Glaucon
— De toute nécessité.

Socrate
— Considère maintenant ce qui leur arrivera naturellement si on les délivre de leurs chaînes et qu’on les guérisse de leur ignorance. Qu’on détache l’un de ces prisonniers, qu’on le force à se dresser immédiatement, à tourner le cou, à marcher, à lever les yeux vers la lumière. En faisant tous ces mouvements il souffrira, et l’éblouissement l’empêchera de distinguer ces objets dont tout à l’heure il voyait les ombres. Que crois-tu donc qu’il répondra si quelqu’un vient lui dire qu’il n’a vu jusqu’alors que de vains fantômes, mais qu’à présent, plus près de la réalité et tourné vers des objets plus réels, il voit plus juste ? Si, enfin, en lui montrant chacune des choses qui passent, on l’oblige, à force de questions, à dire ce que c’est, ne penses-tu pas qu’il sera embarrassé, et que les ombres qu’il voyait tout à l’heure lui paraîtront plus vraies que les objets qu’on lui montre maintenant ?

Glaucon
— Beaucoup plus vraies.

Socrate
— Et si on le force à regarder la lumière elle-même, ses yeux n’en seront-ils pas blessés ? N’en fuira-t-il pas la vue pour retourner aux choses qu’il peut regarder, et ne croira-t-il pas que ces dernières sont réellement plus distinctes que celles qu’un lui montre ?

Glaucon
— Assurément.

Socrate
— Et si, reprise-je, on l’arrache de sa caverne, par force, qu’on lui fasse gravir la montée rude et escarpée, et qu’on ne le lâche pas avant de l’avoir traîné jusqu’à la lumière du soleil, ne souffrira-t-il pas vivement et ne se plaindra-t-il pas de ces violences ? Et lorsqu’il sera parvenu à la lumière, pourra-t-il, les yeux tout éblouis par son éclat, distinguer une seule des choses que maintenant nous appelons vraies ?

Glaucon
— Il ne le pourra pas, du moins au début.

Socrate
— Il aura, je pense, besoin d’habitude pour voir les objets de la région supérieure. D’abord ce seront les ombres qu’il distinguera le plus facilement, puis les images des hommes et des autres objets qui se reflètent dans les eaux, ensuite les objets eux-mêmes. Après cela, il pourra, affrontant la clarté des astres et de la lune, contempler plus facilement pendant la nuit les corps célestes et le ciel lui-même, que pendant le jour le soleil et sa lumière.

Glaucon
— Sans doute.

Socrate
— À la fin, j’imagine, ce sera le soleil, non ses vaines images réfléchies dans les eaux ou en quelque autre endroit, mais le soleil lui-même à sa vraie place, qu’il pourra voir et contempler tel qu’il est.

Glaucon
— Nécessairement.

Socrate
— Après cela il en viendra à conclure au sujet du soleil, que c’est lui qui fait les saisons et les années, qui gouverne tout dans le monde visible, et qui, d’une certaine manière, est la cause de tout ce qu’il voyait avec ses compagnons dans la caverne.

Glaucon
— Évidemment, c’est à cette conclusion qu’il arrivera.

Socrate
— Or donc, se souvenant de sa première demeure, de la sagesse que l’on y professe, et de ceux qui y furent ses compagnons de captivité, ne crois-tu pas qu’il se réjouira du changement et plaindra ces derniers ?

Glaucon
— Si, certes.

Socrate
— Et s’ils se décernaient alors entre eux honneurs et louanges, s’ils avaient des récompenses pour celui qui saisissait de l’oeil le plus vif le passage des ombres, qui se rappelait le mieux celles qui avaient coutume de venir les premières ou les dernières, ou de marcher ensemble, et qui par là était le plus habile à deviner leur apparition, penses-tu que notre homme fût jaloux de ces distinctions, et qu’il portât envie à ceux qui, parmi les prisonniers, sont honorés et puissants ? Ou bien, comme le héros d’Homère, ne préférera-t-il pas mille fois n’être qu’un valet de charrue, au service d’un pauvre laboureur, et de souffrir tout au monde plutôt que de revenir à ses anciennes illusions et vivre comme il vivait ?

Glaucon
— Je suis de ton avis, il préférera tout souffrir plutôt que de vivre de cette façon là.

Socrate
— Imagine encore que cet homme redescende dans la caverne et aille s’asseoir à son ancienne place. N’aura-t-il pas les yeux aveuglés par les ténèbres en venant brusquement du plein soleil ?

Glaucon
— Assurément si.

Socrate
— Et s’il lui faut entrer de nouveau en compétition, pour juger ces ombres, avec les prisonniers qui n’ont point quitté leurs chaînes, dans le moment où sa vue est encore confuse et avant que [517a] ses yeux se soient remis (puisque l’accoutumance à l’obscurité demandera un certain temps), ne va-t-on pas rire à ses dépens, et ne diront-ils pas qu’étant allé là-haut il en est revenu avec la vue ruinée, de sorte que ce n’est même pas la peine d’essayer d’y monter ? Et si quelqu’un tente de les délier et de les conduire en haut, et qu’ils puissent le tenir en leurs mains et tuer, ne le tueront-ils pas ?

Glaucon
— Sans aucun doute.

(De la caverne à la lumière et de la lumière à la caverne)
Socrate
— Maintenant, mon cher Glaucon, il faut [517b] appliquer point par point cette image à ce que nous avons dit plus haut, comparer le monde visible au séjour de la prison, et la lumière du feu qui l’éclaire à la puissance du soleil. Quant à la montée dans la région supérieure et à la contemplation de ses objets, si tu la considères comme l’ascension de l’âme vers le lieu intelligible, tu ne te tromperas pas sur ma pensée, puisque aussi bien tu désires la connaître. Dieu sait si elle est vraie. Pour moi, telle est mon opinion : dans le monde intelligible l’Idée du Bien est perçue la dernière et avec peine, mais on ne la peut percevoir sans conclure qu’elle est la cause de tout ce qu’il y a de droit et de beau en toutes choses ; qu’elle a, dans le monde visible, engendré la lumière et le souverain de la lumière ; que, dans le monde intelligible, c’est elle-même qui est souveraine et dispense la vérité et l’intelligence ; et qu’il faut la voir pour se conduire avec sagesse dans la vie privée et dans la vie publique.

Glaucon
— Je partage ton opinion autant que je puis te suivre.

Socrate
— Eh bien ! partage là encore sur ce point, et ne t’étonne pas que ceux qui se sont élevés à ces hauteurs ne veuillent plus s’occuper des affaires humaines, et que leurs âmes aspirent sans cesse à demeurer là-haut.

Glaucon
— Oui, c’est naturel.

Socrate
— Mais quoi, penses-tu qu’il soit étonnant qu’un homme qui passe des contemplations divines aux misérables choses humaines ait mauvaise grâce et paraisse tout à fait ridicule, lorsque, ayant encore la vue troublée et n’étant pas suffisamment accoutumé aux ténèbres environnantes, il est obligé d’entrer en dispute, devant les tribunaux ou ailleurs, sur des ombres de justice ou sur les images qui projettent ces ombres, et de combattre les interprétations qu’en donnent ceux qui n’ont jamais vu la justice elle-même ?

Glaucon
— Ce n’est pas du tout étonnant.

Socrate
— Un homme sensé se rappellera qu’il y a deux sortes de troubles de la vue, dus à deux causes différentes : le passage de la lumière à l’obscurité et le passage de l’obscurité à la lumière. Songeant que ceci vaut également pour l’âme, quand on verra une âme troublée et incapable de discerner quelque chose, on se demandera si venant d’une existence plus lumineuse, elle est aveuglée faute d’habitude, ou si, passant d’une plus grande ignorance à une existence plus lumineuse, elle est éblouie par son trop [518b] vif éclat. Dans le premier cas, alors, on se réjouirait de son état et de l’existence qu’elle mène ; dans le second cas on la plaindrait, et si l’on voulait en rire, la raillerie serait moins ridicule que si elle s’adressait à l’âme qui redescend de la lumière.

Glaucon
— C’est parler avec beaucoup de justesse.

(Conclusion)
Socrate
— La méthode dialectique est donc la seule qui, rejetant les hypothèses, s’élève jusqu’au principe même pour établir solidement ses conclusions, [533d] et qui, vraiment, tire peu à peu l’oeil de l’âme de la fange grossière où il est plongé et l’élève vers la région supérieure […[533e]…]
Il suffira donc d’appeler science la première division de la connaissance, pensée discursive la seconde [534a], foi la troisième, et imagination la quatrième ; de comprendre ces deux dernières sous le nom d’opinion, et les deux premières sous celui d’intelligence, l’opinion ayant pour objet la génération, et l’intelligence l’essence ; et d’ajouter que ce qu’est l’essence par rapport à la génération, l’intelligence l’est par rapport à l’opinion, la science par rapport à la foi, et la connaissance discursive par rapport à l’imagination [...]

Notes et sketchnote d’élèves

Classé dans : Non classé — 17 octobre, 2020 @ 11:19

20201117_083601 

Un talent en puissance pour l’art de la « sketchnote »  ci-dessous

(J’ai retouché 2 ou 3 details)

 Juliette PerrinT-GENTIA-sketchnotePhilo-retouché

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