PHILOPARTAGE

la joie de penser… (pour mes élèves des Eaux Claires)

Archive pour la catégorie 'Art'

Danse et Philosophie. Jeudi 30 sept.

Posté : 28 septembre, 2010 @ 2:41 dans Art | Pas de commentaires »

Vous trouverez toutes les informations sur cette proposition qui démarre jeudi 30 sept 2010
sur le site :

www.citedanse.org

 

 

 

Hegel. Quel est le but de l’art ? – Elever l’âme ?

Posté : 9 janvier, 2010 @ 5:04 dans Art, Hegel, Textes | 1 commentaire »

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                                                     Zao Wu Ki, sérigraphie, 1973

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Éveiller l’âme : tel est, dit-on, le but final de l’art, tel est l’effet qu’il doit chercher à obtenir. C’est de cela que nous avons à nous occuper en premier lieu. En envisageant le but final de l’art sous ce dernier aspect, en nous demandant notamment quelle est l’action qu’il doit exercer, qu’il peut exercer et qu’il exerce effectivement, nous constatons aussitôt que le contenu de l’art comprend tout le contenu de l’âme et de l’esprit, que son but consiste à révéler à l’âme tout ce qu’elle recèle d’essentiel, de grand, de sublime, de respectable et de vrai. Il nous procure, d’une part, l’expérience de la vie réelle, nous transporte dans des situations que notre expérience personnelle ne nous fait pas, et ne nous fera peut-être jamais connaître : les expériences des personnes qu’il représente, et, grâce à la part que nous prenons à ce qui arrive à ces personnes, nous devenons capables de ressentir plus profondément ce qui se passe en nous-mêmes. D’une façon générale, le but de l’art consiste à rendre accessible à l’intuition ce qui existe dans l’esprit humain, la vérité que l’homme abrite dans son esprit, ce qui remue la poitrine humaine et agite l’esprit humain. C’est ce que l’art a pour tâche de représenter, et il le fait au moyen de l’apparence qui, comme telle, nous est indifférente, dès l’instant où elle sert à éveiller en nous le sentiment et la conscience de quelque chose de plus élevé. C’est ainsi que l’art renseigne sur l’humain, éveille des sentiments endormis, nous met en présence des vrais intérêts de l’esprit. Nous voyons ainsi que l’art agit en remuant, dans leur profondeur, leur richesse et leur variété, tous les sentiments qui s’agitent dans l’âme humaine, et en intégrant dans le champ de notre expérience ce qui se pas se dans les régions intimes de cette âme. « Rien de ce qui est humain ne m’est étranger » : telle est la devise qu’on peut appliquer à l’art.”      Hegel, Esthétique.

 

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                                     une photo anonyme mais signifiante (en partage sur le web !)

 

-ALAIN – Comment définir l’art ? qu’est-ce qui caractérise la création artistique ? L’artiste « travaille-t-il ? »

(L’opinion courante qui consite à réduire l’artiste à son inspiration est-elle pertinente ?)

 

ALAIN, extraits de :  SYSTÈME DES BEAUX-ARTS

CHAP 6 : DE LA PUISSANCE PROPRE DE L’OBJET

Or toutes les oeuvres d’art, légères ou fortes, ont ce caractère d’être des objets éminemment, j’entends d’être assises fortement et comme nécessaires, sans aucune ambiguïté dans l’apparence, sans aucun changement concevable, affirmatives d’elles-mêmes, enfin.

Cela est assez évident pour les oeuvres qui sont des choses, et pour l’architecture surtout, qui soutient si bien l’ornement, la statuaire, et la peinture. Mais il y a détermination aussi et ordre inflexible dans la poésie et dans la musique, et même dans un simple récit, pourvu que la forme en soit sévèrement respectée, et jusqu’au détail ; cette répétition religieuse a par elle-même quelque chose d’esthétique, et les enfants le savent bien. Peut-être le chant de l’oiseau n’a-t-il point par lui-même un caractère esthétique, faute d’une détermination rigoureuse et d’un retour réglé ; il ne devient esthétique que s’il est joint par le contemplateur au grand jeu des forces printanières, ce qui lui donne valeur d’objet.

Il faut donc qu’une oeuvre d’art soit faite, terminée, et solide. Et cela va jusqu’au détail, comme on verra, puisque ce qui n’est pas pris dans la masse ne peut pas orner. C’est pourquoi l’improvisation sans règles n’est jamais belle ; c’est l’art de l’orateur qui parvient à fixer un simple récit dans la masse de son discours. Disons qu’aucune conception n’est oeuvre. Et c’est l’occasion d’avertir tout artiste qu’il perd son temps à chercher parmi les simples possibles quel serait le plus beau ; car aucun possible n’est beau ; le réel seul est beau. Faites donc et jugez ensuite. Telle est la première condition en tout art, comme la parenté des mots artiste et artisan le fait bien entendre ; mais une réflexion suivie sur la nature de l’imagination conduit bien plus sûrement à cette importante idée, d’après laquelle toute méditation sans objet réel est nécessairement stérile. Pense ton oeuvre, oui, certes ; mais on ne pense que ce qui ce qui est : fais donc ton oeuvre.

CHAP 7 : DE LA MATIÈRE

Puisqu’il est évident que l’inspiration ne forme rien sans matière, il faut donc à l’artiste, à l’origine des arts et toujours, quelque premier objet ou quelque première contrainte de fait, sur quoi il exerce d’abord sa perception, comme l’emplacement et les pierres pour un architecte, un bloc de marbre pour le sculpteur, un cri pour le musicien, une thèse pour l’orateur, une idée pour l’écrivain, pour tous des coutumes acceptées d’abord.

Par quoi se trouve défini l’artiste, tout à fait autrement que d’après la fantaisie. Car tout artiste est percevant et actif, artisan toujours en cela. Plutôt attentif à l’objet qu’à ses propres passions ; on dirait presque passionné contre les passions, j’entends impatient surtout à l’égard de la rêverie oisive ; ce trait est commun aux artistes, et les fait passer pour difficiles. Au reste tant d’oeuvres essayées naïvement d’après l’idée ou image que l’on croit s’en faire, et manquées à cause de cela expliquent que l’on juge trop souvent de l’artiste puissant, qui ne parle guère, d’après l’artiste ambitieux et égaré, qui parle au contraire beaucoup. Mais si l’on revient aux principes jusqu’ici exposés, on se détournera de penser que quelque objet beau soit jamais créé hors de l’action. Ainsi la méditation de l’artiste serait plutôt observation que rêverie, et encore mieux observation de ce qu’il a fait comme source et règle de ce qu’il va faire. Bref, la loi suprême de l’invention humaine est que l’on n’invente qu’en travaillant. Artisan d’abord. Dès que l’inflexible ordre matériel nous donne appui, alors la liberté se montre ; mais dès que nous voulons suivre la fantaisie, entendez l’ordre des affections du corps humain, l’esclavage nous tient, et nos inventions sont alors mécaniques dans la forme, souvent niaises et plus rarement émouvantes, mais sans rien de bon ni de beau. Dès qu’un homme se livre à l’inspiration, j’entends à sa propre nature, je ne vois que la résistance de la matière qui puisse le préserver de l’improvisation creuse et de l’instabilité d’esprit. Par cette trace de nos actions, ineffaçable, nous apprenons la prudence ; mais par ce témoin fidèle de la moindre esquisse, nous apprenons la confiance aussi.

 

Bonnard, et le mystère de la peinture moderne…

Posté : 21 octobre, 2009 @ 9:18 dans Art, La Culture, peinture | 2 commentaires »

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l’atelier aux mimosas, Pierre Bonnard

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“la peinture, ou la transcription des aventures du nerf optique” écrit Pierre Bonnard (dans son agenda-carnet). Comme Monet, Bonnard cherche à transcrire la lumière, comme Cézanne, il cherche à transcrire la sensation pure de la vision. Et cependant il ne peint jamais d’après modèle mais d’après croquis, dans une démarche analytique du “visuel” à peindre : telle heure, telle qualité de lumière (beau temps ou mauvais temps note-t-il dans ses carnets) tel contraste de couleur pour amplifier la lumière, telle façon de composer avec le “vu” et de mettre en scène le visuel (le paysage vu à travers la fenêtre peut amplement déborder le cadre de ce qui était effectivement perceptible). 

En un sens, pour Bonnard comme pour de nombreux peintres, l’épiphanie du visuel est désormais le sujet réel du tableau, et peu importe les objets représentés, ils ne sont que supports de méditation sur la lumière et les “aventures du nerf optique”.

 Il y a bien longtemps que les dieux, les héros, les personnages historiques ont quitté la scène du tableau… les peintres peignent “le rien”, le rien de la lumière qui donne forme sans que la forme soit prééminente. Et il importe que ce rien devienne l’objet du tableau.

Dès la fin du 19°s  la peinture se met à se réfléchir elle-même, s’observe, s’analyse, devient sujet d’elle-même. Ainsi la couleur et ses ressources devient à elle-même son propre objet, elle n’est plus le médium d’autre chose,  (le moyen technique d’une représentation) car le semblant de l’imitation se sait désormais semblant et devient prétexte à la célébration de sensations visuelles. Ainsi la lumière, ses aventures dans le corps, ses vibrations dans la chair de la perception, est peut-être en dernière analyse l’objet à accueillir et à transcrire…

Il arrive que la pratique picturale témoigne alors d’une profonde  joie d’être (pensons aux nombreux papiers découpés du dernier Matisse), joie inhérente à l’éveil d’une pleine conscience et d’une présence sensible au monde de l’ici et maintenant comme dirait Merleau-Ponty dans L’oeil et l’esprit. La théorie a laissé place à l’experience de l’être au monde et l’expérimentation joyeuse du   »prendre part » et percevoir…

 Expérience où certains se sont engagés en déconstruisant les codes de la préhension intellectuelle classique, les règles habituelles de la représentation (pensons aux nymphéas de Monet par ex. ) pour accueillir de l’inédit et voir avec cet ”’oeil du nourrisson” dont parle Cézanne, cet oeil qui saisit les harmonies musicales,  rythmes et timbres colorés qui tissent le réel comme le pense le Gauguin d’Haïti. Lequel se dit lui-même “primitif” en ce sens qu’il tente d’interroger le mécanisme de la perception à sa racine. Revenir à cette « nappe de sens brut » et à ce « il y a » que Merleau-Ponty explore dans Le visible et l’invisible.

C’est le mystère de cette présence à soi et au réel que célèbreront aussi les oeuvres de Rothko qui parle à ce sujet de “tableaux de méditations”, tableaux qui ne sont plus qu’espace mental, espaces sans formes, espaces silencieux convoquant le calme possible d’une intériorité ouverte sur le vide bouddhique, le vide du mental qui peut accueillir la plénitude d’être, au présent, ici et maintenant, face à l’aura singulière du perçu.

« Aura » dont Walter Benjamin, dans L’oeuvre d’art à l’heure de sa reproduction technique, dit qu’elle disparaît précisément lorsque l’art est consommé, reproduit à grande échelle. L’aura d’une oeuvre c’est sa présence unique, tout ce qui caractérise sa singularité, taille, textures, matières, effets techniques, supports, et tout ce qui ne peut s’apercevoir sur une reproduction dans un livre ou une reproduction décorative (Rothko n’est connu de certains qu’à travers sa vulgarisation dans les magazins de décoration d’intérieur… )

Pourtant seule la rencontre en direct avec une oeuvre permet de ne pas trahir son être et d’éprouver son mystère. Aujourd’hui nous « consommons » les images de l’art, zappant de l’une à l’autre, accumulant et oubliant (comme toute chose qui n’a pas été vraiment rencontrée). Je le fais aussi un peu sur ce blog en ne témoignant que d’un petit reflet – ombre dans la caverne dirait Platon – des oeuvres réelles qui se trouvent dans tels et tels musées…  Pourvu que cela éveille alors votre curiosité… (Car rappellons-nous de l’expérience généreuse et audacieuse dans laquelle de nombreux artistes se sont engagés et s’engagent encore. Ne trahissons pas ce mystère, célebrons le !)

Enfin, certains comme Malevitch seront même tentés d’élaborer une sorte de nouvelle métaphysique de l’être.

«  Ce à quoi nous donnons le nom de réalité est l’infini qui ne connaît ni poids, ni mesure,ni temps, ni espace, ni absolu, ni relatif, et qui n’a jamais été tracé dans une forme. La réalité n’est pas plus représentable que connaissable. Rien n’est connaissable, mais dans le même temps, ce « rien » éternel existe »   Malévitch, (extrait de « Dieu n’est pas déchu » dans Essais.)

 

 

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