PHILOPARTAGE

la joie de penser… (pour mes élèves des Eaux Claires)

Archive pour la catégorie 'corriges'

(D.M.) Spinoza : la liberté suppose-t-elle la raison ?

Posté : 11 janvier, 2011 @ 8:29 dans corriges, liberte, QuestionsPhilo, Spinoza, Textes | 1 commentaire »

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« On pense que l’esclave est celui qui agit par commandement et l’homme libre celui qui agit selon son bon plaisir. Cela cependant n’est pas absolument vrai ; en réalité, être captif de son plaisir et incapable de rien voir ni faire qui soit vraiment utile, c’est le pire esclavage, et la liberté n’est qu’à celui qui de son entier consentement vit sous la conduite de la Raison. Quant à l’action par commandement, c’est-à-dire à l’obéissance, elle ôte bien en quelque matière la liberté, elle ne fait pas cependant sur le champ un esclave, c’est la raison déterminante de l’action qui le fait. Si la fin de l’action n’est pas l’utilité de l’agent lui-même, mais de celui qui la commande, alors l’agent est un esclave, inutile à lui-même ; au contraire, dans un Etat et sous un commandement pour lesquels la loi suprême est le salut de tout le peuple, non de celui qui commande, celui qui obéit en tout au souverain ne doit pas être dit un esclave inutile à lui-même, mais un sujet. Ainsi, cet État est le plus libre dont les lois sont fondées en droite Raison, car dans cet État chacun, dès qu’il le veut peut être libre, c’est-à-dire vivre de son entier consentement sous la conduite de la Raison. De même encore, les enfants, bien que tenus d’obéir aux commandements de leurs parents, ne sont cependant pas des esclaves :car les commandements des parents ont très grandement égard à l’utilité des enfants. Nous reconnaissons donc une grande différence entre un esclave, qui est tenu d’obéir à des commandements n’ayant égard qu’à l’utilité du maître commandant ; fils, qui fait ce qui est utile par le commandement de ses parents ; sujet enfin, qui fait par le commandement du souverain ce qui est utile au bien commun et par conséquent aussi à lui-même.  » Spinoza, Traité théologico-politique, trad. Appuhn, éd. G.F.

Éléments de Correction pour l’explication du texte de Spinoza. (DS TL et TES3)

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Descartes. Philosopher pour voir plus loin que le bout de son nez.

Posté : 17 septembre, 2010 @ 7:52 dans corriges, Descartes | Pas de commentaires »

C’est proprement avoir les yeux fermés, sans tâcher jamais de les ouvrir, que de vivre sans philosopher ; et le plaisir de voir toutes les choses que notre vue découvre n’est pas comparable à la satisfaction que donne la connaissance de celles qu’on trouve par la philosophie ; et enfin cette étude est plus nécessaire pour régler nos mœurs et pour nous conduire en cette vie, que n’est l’usage de nos yeux pour guider notre pas.

Descartes, 17°s, Principes de la philosophie    

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                                                                                                               Pierre Soulages

Texte de Descartes. La question : Peut-on vivre sans philosopher ? La thèse : Vivre sans philosopher n’est pas vraiment vivre, car c’est vivre  en aveugle ou se limiter à ne pas « voir plus loin que le bout de son nez ». C’est ne rien comprendre au monde qui nous entoure et se contenter d’apparences + ou – trompeuses sans jamais accéder à 1 vraie connaissance. Connaître par la philo c’est accéder à l’être ou l’essence des choses au delà des apparences immédiates. Ne pas réfléchir (« philosopher ») c’est donc être condamné à ne jamais réellement comprendre le monde qui nous entoure…

3 distinctions conceptuelles ds ce texte :

- 1° distinction entre voir et savoir. (> voir n’est pas savoir)

Philosopher c’est chercher à savoir, pas nécessairement à « savoir plus » (voir ou savoir toujours plus de choses par ex.) mais à « savoir mieux » càd connaître et comprendre et pouvoir expliquer ce que l’on sait. Ne pas philosopher c’est se contenter passivement de la vue et ne rien comprendre. Car selon Descartes (et c’est un paradoxe intéressant !) voir seulement càd passivement et sans jamais s’interroger sur ce que l’on voit, c’est un peu comme « être aveugle » c’est-à-dire ne rien voir de façon véritable et ne rien comprendre.

Pour certaines classes un parallèle était possible ici avec le Mythe de la Caverne de Platon : celui qui ne philosophe pas n’accède qu’à des reflets ou des ombres du réel, càd à des « choses vagues » qu’il ne peut s’expliquer de façon juste. Celui qui se contente de voir reste enfermé – prisonnier dit Platon – de la « réalité sensible », celle qui s’adresse à nos 5 sens, notre sensibilité, nos sensations, émotions, et celle qui est à l’origine de nos croyances fausses et nos opinions immédiates. Alors que chacun peut apprendre à penser càd à analyser, à concevoir, càd à « voir par l’esprit », par l’intelligence de l’analyse, et c’est seulement à cette condition que l’on accède à la réalité authentique : la « réalité intelligible », càd celle que nous comprenons de façon véritable, que ns pouvons expliquer, et nommer.

Celui qui n’accède pas à la compréhension du réel – càd à la réalité intelligible- reste prisonnier de fausses opinions, alors que celui qui accède aux essences et aux idées claires de la réalité intelligible conquiert sa liberté de jugement et d’action. Il pourra s’orienter dans le monde avec des idées précises, réfléchies – « claires et distinctes » dirait Descartes- et ne sera plus prisonnier de fausses croyances (ou opinions) individuelles ou même collectives (celles de l’ensemble des prisonniers dans la caverne).

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Protégé : TSTG – Les échanges sont-ils facteurs de bonheur ?

Posté : 26 janvier, 2010 @ 6:42 dans bonheur, corriges, echanges | Saisissez votre mot de passe pour accéder aux commentaires.

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Bonnes Copies d’élèves

Posté : 26 janvier, 2010 @ 6:03 dans bonheur, bonnes copies, corriges, le travail | Pas de commentaires »

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                                                                                                            Joan Mitchell,   No rain

Copie N° 1 : Faut-il renoncer aux désirs pour être heureux ? (D.M d’une élève de TS5 en 2009 – 16/20- On regrettera seulement que la 3° partie ne travaille pas le lien entre bonheur et sagesse. La qualité dominante de la copie est la clarté, la précision et la richesse conceptuelle. L’ensemble témoigne aussi d’un gros travail et d’appropriation du cours )

Copie N° 2 : Peut-on toujours faire la différence entre travail et divertissement ? (il s’agit d’un D.M réalisé en début d’année par une élève de TL3 en 2006. 16/20. On peut  regretter que l’essence du travail ne soit pas l’objet d’une analyse plus précise. Mais on apprécie la ténacité dans la recherche et la qualité du raisonnement sur un sujet difficile supposant de faire une véritable travail de distinction et d’analyse des 2 concepts en jeu.)

 

La 2° copie est concise et la 1° beaucoup plus bavarde. Vous pouvez accéder aux 2 copies ci dessous…

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Synthèse sur 3 textes commentés en début d’année

Posté : 17 octobre, 2009 @ 7:17 dans corriges | Pas de commentaires »

INTRO A l’acte de « PHILOSOPHER » (initiation méthode => PB, thèse, q°, idées)

TEXTE 1- RILKE / PB : Qu’est-ce qui importe le plus pour cheminer vers le sens de notre existence : les questions ou les réponses ? THESE: les q° ont plus de valeur (importance, prix ) il importe de ne pas vouloir trop vite les réprimer ou les refermer par des réponses artificielles. Les idées à analyser pr 1 commentaire : Les q°. Les réponses. La pratique (à opp à la théorie) La patience et la confiance. L’importance de l’engagement individuel dans un cheminement réellement personnel et la recherche d’authenticité. (qui est l’objet du livre de Rilke). La prise de position existentielle. La singularité.

EX d’analyse brève : Contre l’opinion immédiate qui aurait tendance à affirmer que les réponses ont plus de valeur que les q° ou que le questionnement maintient dans une forme d’inertie ou d’hésitation. Rilke fait ici l’apologie du questionnement. => Q° : Pourquoi cette valeur accordée aux q° ? Prc qu’elles nous mettent en quête de sens (parenté étymo entre question et quête). Une q° engendre une dynamique en nous, elle ns met en mouvement. A l’inverse des réponses trop rapides ou superficielles – apport pré-pensé, significations formatées venant de l’extérieur (« apportées ») – qui referment notre esprit. Se précipiter vers des réponses sans prendre le temps de chercher par soi-même c’est faire l’économie d’une découverte de notre profondeur : il y a en nous de l’inconnu (pièce fermée, livre étranger). La singularité de chaque individu ne peut se déployer que sur l’horizon du sens. Mais le sens est autre que la signification. Le sens est à élaborer par soi-même. A l’inverse les significations sont codifiées, souvent figées, nous pouvons les mémoriser, les utiliser, mais elles n’engagent pas notre singularité. Celle-ci ne peut se déployer que par un cheminement réellement personnel où chacun par ses expériences propres, et sa pratique (>praxix : action) sera à ce point engagé dans sa vie qu’il trouvera progressivement en lui-même des réponses singulières aux q° singulières qu’il se pose.

Le sens n’est pas forcément « déjà là », caché comme un objet égaré ou un trésor enfoui. Il peut être « à inventer » par chacun (= W de l’élaboration personnelle) => éloge de la démarche artistique et de l’individualisme (Rilke l’époq romantiq) et vertu de l’honnêteté intellectuelle. A opposer au « formatage » technique et sophiste ( singes savants !) càd aux conditionnements subis.

TEXTE 2 PLATON/ LE BANQUET/ PB : la recherche philosophique est-elle réservée à une élite de savants ou bien s’adresse-t-elle au commun des mortels ? THESE : Elle s’adresse à ceux qui se tiennent dans une position médiane : entre le savoir et l’ignorance. L’ANALYSE devrait expliq. (cf cours) les différentes positions possibles par rapport au savoir (savant, ignorant, philosophe) et la façon dt Platon remet en q° nos opinions immédiates sur la définit° du savant et de l’ignorant. Montrer aussi que la philosophie n’est pas possession d’1 savoir définitif mais elle représente davantage un certain rapport au savoir, un questionnement et une recherche (« activité zététique » dit Kant). Philosopher c’est apprendre à penser, à s’interroger et à élaborer son savoir. Et non pas accumuler des savoirs (mémoriser des doctrines ou opinions « philosophiques »)

A commenter : l’opposition entre sophistes (« sophos » en tant que savant) et philosophes (philo- »sophos »= où sophos désigne le sage et philo-sophos : la recherche de sagesse) . Analyser les idées de désir et de manque. La dialectique entre les 2, et le mouvement infini de cette dialectique. (Platon : « la pensée est un dialogue intérieur de l’âme sur l’objet qu’elle examine – et qui progresse par questions et réponses ») Analyser aussi le parallèle que fait P entre l’Amour (ici Eros) et le désir philosophique : tous deux visent une plénitude qu’ils n’atteignent jamais, tous deux restent soumis au manque de sorte que le désir lui-même se maintient vivant. Pas de fermeture, de certitude définitive ni de positions figées (pas plus en amour qu’en recherche de sagesse). Illustration et appui possible : la figure de Socrate comme incarnation d’un idéal de recherche philosophique possible.

TEXTE 3 PLATON / L’APOLOGIE DE SOCRATE – la Q° : Qu’est-ce qui importe vraiment pour mener une vie humaine (digne de ce nom) ? est la q° que Socrate posera toute sa vie et vs la trouverez de façon explicite dans l‘Apologie de Socrate (Platon) : avec elle la philosophie s’inaugure comme questionnement éthique et existentiel. PB du texte : vaut-il mieux se soucier des richesses extérieures ou bien se tourner vers notre âme pour tenter de découvrir une richesse intérieure ? THESE : une conversion vers notre intériorité est nécessaire : la recherche des vertus de l’âme (= le souci de l’excellence de l’âme) importe plus que la possession de richesses extérieures qu’elle n’exclut cependant pas.

A ANALYSER (càd vs interro. sur…) : la notion grecque de « vertu » (en grec > « arété »= excellence). La notion platonicienne d’âme : 3 fonctions ou « parties de l’âme » (dans Le Timée) a) la partie inférieure : centre des appétits, et de la cupidité, le ventre. b) la partie médiane, le coeur, les émotions fortes : centre du courage mais aussi de la colère (rq coeur/courage/colère = même étymo latine) c) la partie « supérieure » celle qui doit selon Platon / Socrate ordonner l’ensemble de la « psyché » humaine (âme) : la tête, l’activié de l’esprit, dont une part est « divine »(le « noûs »). Analyser aussi le lien entre vertu individuelle et vertu du collectif (l’Etat).

 

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