PHILOPARTAGE

la joie de penser… (pour mes élèves des Eaux Claires)

Archive pour la catégorie 'Le banquet'

L’Amour est infiniment créateur de Beauté (il vise l’éternité et l’immortalité…)

Posté : 19 octobre, 2009 @ 9:30 dans Le banquet, Platon, Textes | Pas de commentaires »

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                                                                             Juan Miro

Dans cette partie du dialogue entre Socrate et Diotime, celle-ci explique comment un désir d’éternité, d’infini, d’excellence et de beauté façonne l’Amour. Et l’Amour lui-même est infiniment « créateur » de Beauté… (Pour le dire plus simplement –  le désir d’amour ou de beauté qui travaille tout homme est lui-même traversé par un désir plus profond : le désir d’infini, d’immortalité et d’éternité…) 

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(Socrate) Je repris : « Eh bien, soit, étrangère : tu as raison. Mais si telle est la nature de l’Amour, à quoi sert-il aux hommes ?

- Justement, Socrate, je vais à présent essayer de te l’apprendre. L’Amour a donc un tel caractère et une telle origine : il est amour des choses belles, comme tu le déclares. Or, si l’on nous demandait : « Qu’est-ce que l’amour des choses belles ? » ou plus clairement : « Celui qui aime les choses belles, aime : qu’est-ce qu’il aime ? »

- Qu’elles lui appartiennent, répondis-je.

- Cette réponse, dit-elle, appelle encore une question, que voici : « Qu’arrivera-t-il à l’homme qui possédera les choses belles ? »

- Je déclarai que je n’étais guère capable de répondre sur-le-champ à cette question.

- Eh bien, dit-elle, supposons qu’on remplace beau par bon et qu’on te demande : « Voyons, Socrate, celui qui aime les choses bonnes : qu’est-ce qu’il aime ? »

- Qu’elles lui appartiennent, dis-je.

- Qu’arrivera-t-il à l’homme qui possède les choses bonnes ?

- Ici je puis répondre plus facilement, dis-je : il sera heureux

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L’amour et l’ascension dialectique vers le Beau…

Posté : 19 octobre, 2009 @ 7:35 dans Le banquet, Textes | Pas de commentaires »

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                                                                                                         Joan Mitchell

Diotime poursuit ses révélations sur la nature d’Eros, et en vient à la révélation suprême sur l’ascension dialectique vers le « Beau »… (observez bien les différentes étapes de cette ascension… qu’en déduisez-vous au sujet du désir humain ?)

« Voilà sans doute, Socrate, dans l’ordre de l’amour, les vérités auxquelles tu peux être, toi aussi, initié. Mais la révélation suprême et la contemplation qui en sont le but quand on suit la bonne voie, je ne sais si elles seront à ta portée. Je vais parler pourtant, dit-elle, sans ménager mon zèle. Essaye de me suivre, toi-même, si tu en es capable.

Il faut, dit-elle, que celui qui prend la bonne voie pour aller à ce but commence dès sa jeunesse à rechercher les beaux corps. En premier lieu, s’il est bien dirigé par celui qui le dirige, il n’aimera qu’un seul corps, et alors il enfantera de beaux discours ; puis il constatera que la beauté qui réside en un corps quelconque est sœur de la beauté d’un autre corps et que, si l’on doit chercher la beauté qui réside en la forme, il serait bien fou de ne pas tenir pour une et identique la beauté qui réside en tous les corps. Quand il aura compris cela, il deviendra amoureux de tous les beaux corps, et son violent amour d’un seul se relâchera : il le dédaignera, il le jugera sans valeur. Ensuite il estimera la beauté des âmes plus précieuse que celle des corps, en sorte qu’une personne dont l’âme a sa beauté sans que son charme physique ait rien d’éclatant, va suffire à son amour et à ses soins. Il enfantera des discours capables de rendre la jeunesse meilleure ; de là il sera nécessairement amené à considérer la beauté dans les actions et dans les lois, et à découvrir qu’elle est toujours semblable à elle-même, en sorte que la beauté du corps soit peu de chose à son jugement. Ensuite, des actions humaines il sera conduit aux sciences, pour en apercevoir la beauté et, les yeux fixés sur l’immense étendue qu’occupe le beau, cesser désormais de s’attacher comme le ferait un esclave à la beauté d’un jeune garçon, d’un homme, ou d’une seule action – et renoncer à l’esclavage qui l’avilit et lui fait dire des pauvretés. Qu’il se tourne au contraire vers l’océan du beau, qu’il le contemple, et il enfantera de beaux discours sans nombre, magnifiques, des pensées qui naîtront dans l’élan généreux de l’amour du savoir, jusqu’à ce qu’enfin, affermi et grandi, il porte les yeux vers une science unique, celle de la beauté dont je vais te parler.

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L’amour (extrait du Banquet de Platon)

Posté : 19 octobre, 2009 @ 7:12 dans Le banquet, Platon, Textes | Pas de commentaires »

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                                          rothko.jpg  Marc Rothko

Socrate : Voici le discours sur l’Amour que j’entendis un jour de la bouche d’une femme de Mantinée, Diotime, qui était savante en ce domaine comme en beaucoup d’autres. C’est elle qui jadis, avant la peste , fit faire aux Athéniens les sacrifices qui écartèrent pour dix ans le fléau. Et c’est elle justement qui m’a instruit des choses de l’Amour… Je vais essayer de vous rapporter les paroles qu’elle me tenait, en partant des conventions acceptées par Agathon et par moi, c’est-à-dire avec mes seuls moyens, et comme je pourrai. Il faut, comme tu l’as toi-même exposé, Agathon, que j’explique d’abord la nature de l’Amour, ses attributs, et ensuite ses oeuvres Le plus facile, me semble-t-il, est de suivre dans mon exposé l’ordre que suivait jadis l’étrangère, dans l’examen qu’elle me faisait subir. Car je lui répondais à peu près comme Agathon me répond à présent : je déclarais que l’Amour était un grand dieu, et qu’il était amour du beau. Et elle me prouvait mon erreur par les mêmes raisons dont je me suis servi en discutant avec Agathon : elle disait que l’Amour n’était ni beau, selon mon propre langage, ni bon. »

l’Amour (Eros) est un être intermédiaire

- Je lui répliquai : « Que dis-tu, Diotime ? Dans ce cas l’Amour est laid, et mauvais ? – Pas de blasphème ! dit-elle. Crois-tu que ce qui n’est pas beau doive être forcément laid ? – Bien sûr ! – Et que, de même, ce qui n’est pas savant doive être ignorant ? N’as-tu pas saisi qu’il y a un milieu entre science et ignorance ? – Lequel ? – Avoir une opinion droite sans être à même d’en rendre raison. Ne sais-tu pas, dit-elle, que ce n’est ni savoir (car une chose dont on n’est pas à même de rendre raison comment pourrait-elle être une science ?) ni ignorance (car ce qui atteint par hasard le réel peut-il être une ignorance ?). L’opinion droite est bien, je suppose, semblable à ce que je dis : un milieu entre la pensée juste et l’ignorance.

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