PHILOPARTAGE

la joie de penser… (pour mes élèves des Eaux Claires)

Archive pour la catégorie 'Philo Intro'

Aristote, La philosophie est née de l’étonnement

Posté : 17 septembre, 2010 @ 6:41 dans Aristote, Philo Intro, Textes | 2 commentaires »

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                                                          Paris, Jardin des Tuilleries, 30 oct 09


« C’est, en effet, l’étonnement qui poussa, comme aujourd’hui, les premiers penseurs aux spéculations philosophiques. Au début, leur étonnement porta sur les difficultés qui se présentaient les premières à l’esprit ; puis, s’avançant ainsi peu à peu, ils étendirent, leur exploration à des problèmes plus importants, tels que les phénomènes de la Lune, ceux du Soleil et des Étoiles, enfin la genèse de l’Univers. Or apercevoir une difficulté et s’étonner, c’est reconnaître sa propre ignorance (c’est pourquoi même l’amour des mythes est, en quelque manière amour de la Sagesse, car le mythe est un assemblage de choses merveilleuses et étonnantes).

Ainsi donc, si ce fut bien pour échapper à l’ignorance que les premiers philosophes se livrèrent à la philosophie, c’est évidemment qu’ils poursuivaient le savoir en vue de la seule connaissance et non pour une fin utilitaire. Et ce qui s’est passé en réalité en fournit la preuve : presque toutes les nécessités de la vie, et les choses qui intéressent son bien-être et son agrément avaient reçu satisfaction, quand on commença à rechercher une discipline de ce genre. Je conclus que, manifestement, nous n’avons en vue, dans notre recherche, aucun intérêt étranger. Mais, de même que nous appelons libre celui qui est à lui-même sa fin et n’existe pas pour un autre, ainsi cette science est aussi la seule de toutes les sciences qui soit une discipline libérale, puisque seule elle est à elle-même sa propre fin. »

Aristote (4° s. av. J-C) Métaphysique, A, 2, 982 b 10, trad. J.Tricot, Vrin.

La Philosophie est-elle une science comme les autres ? Kant

Posté : 6 novembre, 2009 @ 12:45 dans Kant, Philo Intro, Sagesse, science | Pas de commentaires »

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                                                                                        Rothko, sans titre.

Le domaine de la philosophie se ramène aux questions suivantes : 1. Que puis-je savoir ? 2. Que dois-je faire ? 3. Que m’est-il permis d’espérer ? 4. Qu’est-ce que l’homme ?

A la première question répond la métaphysique, à la seconde la morale, à la troisième la religion, à la quatrième l’anthropologie. Mais, au fond, on pourrait tout ramener à l’anthropologie, puisque les trois premières questions se rapportent à la dernière.

Car sans connaissances on ne deviendra jamais philosophe, mais jamais non plus les connaissances ne suffiront à faire un philosophe, si ne vient s’y ajouter une harmonisation convenable de tous les savoirs et de toutes les habilités jointes à l’intelligence de leur accord avec les buts les plus élevés de la raison humaine.

De façon générale, nul ne peut se nommer philosophe s’il ne peut philosopher. Mais on n’apprend à philosopher que par l’exercice et par l’usage qu’on fait soi-même de sa propre raison.

Comment la philosophie se pourrait-elle, même à proprement parler, apprendre ? En philosophie, chaque penseur bâtit son œuvre pour ainsi dire sur les ruines d’une autre ; mais jamais aucune n’est parvenue à devenir inébranlable dans toutes ses parties. De là vient qu’on ne peut apprendre à fond la philosophie, puisqu’elle n’existe pas encore. Mais à supposer même qu’il en existât une effectivement, nul de ceux qui l’apprendraient, ne pourrait se dire philosophe, car la connaissance qu’il en aurait demeurerait subjectivement historique.

Il en va autrement en mathématiques. Cette science peut, dans une certaine mesure, être apprise ; car ici, les preuves sont tellement évidentes que chacun peut en être convaincu ; et en outre, en raison de son évidence, elle peut être retenue comme une doctrine certaine et stable.

Celui qui veut apprendre à philosopher doit, au contraire, considérer tous les systèmes de philosophie uniquement comme une histoire de l’usage de la raison et comme des objets d’exercice de son talent philosophique.

Car la science n’a de réelle valeur intrinsèque que comme instrument de sagesse. Mais à ce titre, elle lui est à ce point indispensable qu’on pourrait dire que la sagesse sans la science n’est que l’esquisse d’une perfection à laquelle nous n’atteindrons jamais.

Celui qui hait la science mais qui aime d’autant plus la sagesse s’appelle un misologue. La misologie* naît ordinairement d’un manque de connaissance scientifique à laquelle se mêle une certaine sorte de vanité. Il arrive cependant parfois que certains tombent dans l’erreur de la misologie, qui ont commencé par pratiquer la science avec beaucoup d’ardeur et de succès mais qui n’ont finalement trouvé dans leur savoir aucun contentement.

La philosophie est l’unique science qui sache nous procurer cette satisfaction intime, car elle referme, pour ainsi dire, le cercle scientifique et procure enfin aux sciences ordre et organisation.

                                                                           Kant, Logique, 1800,  éd Vrin 1966, pp. 25-26

* misologie (de miso et logos) = haine du logos, haine de la raison.

Conseil pour le D.M : vous pouvez mettre ce texte en lien avec celui de Descartes sur ce blog ainsi que celui de Bouveresse, et avec ce que vous connaissez de la pensée de Socrate. Mais surtout relisez bien la méthode du commentaire de texte (dans le blog en haut à droite consulter sur « pages » la « méthode 3) et pensez à chercher pour chaque paragraphe à quelle question répond l’auteur. Vous pourrez ensuite distinguer plusieurs grands moments dans ce texte et faire votre plan en fonction de ces différents moments.

AUTRE SUJET pour TS (un plan « B »)  : si vous le souhaitez vous pouvez aussi choisir le texte de Rousseau sur le désir. (texte explicité en cours, mais l’essentiel reste à faire à l’écrit en suivant le texte pas à pas !)

Et n’oubliez pas de relire la méthode !

Le « pourquoi » n’est-il pas la marque de l’humain ?

Posté : 19 octobre, 2009 @ 7:01 dans Philo Intro | Pas de commentaires »

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Efforcez-vous d’aimer vos questions elles-mêmes, chacune comme une pièce qui vous serait fermée, comme un livre écrit dans une langue étrangère…Ne cherchez pas pour le moment des réponses qui ne peuvent vous être apportées, parce que vous ne sauriez pas les mettre en pratique, les vivre. Ne vivez pour l’instant que vos questions, peut-être simplement en les vivant, finirez-vous par entrer sensiblement, un jour, dans les réponses…Confiez-vous à ce qui vient.      Rainer-Maria Rilke,  Lettres à un jeune poète.

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“Nous partons de cette fatalité que les chemins de la pensée débouchent inévitablement sur l’interrogation immémoriale : au nom de quoi peut-on vivre ? C’est-à-dire, pourquoi vivre ? Oui, pourquoi ? Il n’est au pouvoir d’aucune société de congédier le “pourquoi ?”, d’abolir cette marque de l’humain. Et pourtant…L’effondrement du questionnement, en cet Occident trop sûr de lui-même, est aussi impressionnant que ses victoires scientifiques et techniques. La peur de penser en dehors des consignes a fait de la liberté, si chèrement conquise, une prison du discours sur l’homme, et la société un langage de plomb. Que se passe-t-il ? (…) Il ne suffit pas de produire la chair humaine pour qu’elle vive, il faut à l’homme une raison de vivre. (…) ”  Pierre Legendre, La fabrique de l’homme occidental, 1992

Dans cette question du « pourquoi » vivons nous et « pour quoi », c’est la recherche de notre raison d’être qui se joue. Cette question peut cheminer en chacun. Et dans un premier temps la réponse n’est pas le but immédiat, car  le cheminement que provoque la question vaut en soi.  A chacun, donc, de l’expérimenter pour s’en convaincre…

Questions Intro Philo

Posté : 14 octobre, 2009 @ 9:19 dans Philo Intro, QuestionsPhilo | Pas de commentaires »

Aristote « La philosophie est née de l’étonnement »  

A/ 1/ Prenons-nous le temps de nous interroger aujd’hui plus qu’hier ? 2/ Savons-nous encore nous étonner ? (qu’est-ce que ? pouquoi ? comment ?) 3/Ou bien sommes-nous trop impatients pour nous interroger et chercher des réponses par nous-mêmes  ? 4/ Aimons-nous plus les questions que les réponses ? 5/ Les réponses ont-elles plus de valeur ? (Pourquoi ? Est-ce bien certain ? A quelles conditions ? 6/  Ne faut-il pas distinguer plusieurs type de réponses : celles qui sont reçues passivement, celles que nous élaborons nous-mêmes ?

B/ 7/ A qui s’adresse la philosophie ? 8/ À une élite cultivée d’intellectuels, de savants  ou bien s’adresse-t-elle à chaque homme ? 9/ Pensez-vous qu’il soit préférable d’être savant pour philosopher ou bien d’être ignorant ? 10/ Faut-il avoir le désir de savoir plus ou mieux ? 10 / Est-ce le savoir que l’on cherche ? Et quel type de savoir ? (11/ quel est l’objet du savoir essentiel pour la philosophie? 12. Comment définissez-vous la sagesse ?)

C/ 13/ Qu’est-ce qui importe le plus pour exister pleinement ? 14/ Trouver ou donner un sens à son existence ? 15/ Accumuler des biens matériels, des « avoirs », ou bien découvrir un bien intérieur, une richesse de l’être ? 16/ Pour mener une vie bonne faut-il miser sur l’avoir, sur le paraître, ou sur l’être ?

(Ce questionnement dès la 1° semaine de cours a rendu possible de nombreuses analyses et distinctions conceptuelles en cours, avec une belle participation des élèves ; et il fut suivi de 3 textes faisant écho aux 3 groupes de questions.)

 

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